Les conditions de l'endormissement

Les conditions de l'endormissementLe sommeil s'obtient quand plusieurs conditions sont réunies, et il est important de considérer qu'il y a un temps pour dormir, et sans doute aussi une place pour dormir.

Le cycle de base repos/activité (B.R.A.C.)

Dans la journée, l'humain ressent une variation spontanée de sa forme. Cette variation suit un rythme de 90 mn, avec une alternance régulière d'éveil et de forme avec une période de moindre performance voire d'état de fatigue.

Cette légère fluctuation se sent à peine chez le sujet en activité. Elle va se manifester avec évidence chez le nouveau-né, qui aura une alternance continue entre état de sommeil et état d'éveil où il va pouvoir s'alimenter. Il en est d'ailleurs un peu pareil chez les animaux sauvages et aussi domestiques, qui oscillent entre les périodes de sommeil et les périodes d'alimentation ou d'accouplement pour préserver l'espèce.

Ce cycle de vigilance/somnolence sur 90 mn se retrouve aussi chez le sujet âgé, qui n'est pas stimulé. Il se retrouve également lors des situations prolongées et monotones comme la conduite automobile, ou de longues périodes de cours.

La fatigue se manifeste par les stigmates que sont le bâillement, le "sable" dans les yeux, ou la chute de l'attention qui ne permet plus de suivre une émission de télévision ou de lire un article dans le journal.

Pour reconnaître plus précisément ce biorythme de 90 mn nommé BRAC, c'est-à-dire cycle de base repos/activité, il convient de remplir un agenda du sommeil sur plusieurs semaines, et de voir à quelle heure la personne s'endort le plus souvent.

 

Un lieu pour le sommeil

Quant à la place pour dormir, son évocation permet de rappeler l'importance pour un dormeur d'être dans une situation de sécurité, c'est-à-dire dans une ambiance sensorielle propice, sans trop de lumière, ni de bruit, ni de chaleur, et en même temps, le lieu du sommeil doit être un lieu confortable, agréable, et si possible jamais rattaché à un mauvais souvenir.

 

S'endormir

Une fois choisis le temps et le lieu du sommeil, il convient que le sujet soit en capacité de fermer l'éveil, c'est-à-dire de réduire tout ce qui peut le tenir encore éveillé alors qu'en éteignant la lumière et en fermant les yeux il a décidé de dormir. Il faut toujours se souvenir de l'enfant qui réclame encore à ses parents une histoire pour dormir. Cette histoire pour dormir est une manière tout à fait pertinente que l'enfant a trouvée pour réussir à fermer l'éveil et à oublier ce qui dans la journée l'avait excité ou mobilisé.

Chez l'adulte, la douleur est un exemple caractéristique du type de mécanisme qui tient éveillé, le café ou le thé en constituent un autre exemple. Mais l'hypermentalisation constitue sans doute la gêne la plus fréquente: il s'agit d'idées qui s'imposent, en rapport avec la journée qui précède ou en rapport avec ce qui va se passer durant la journée suivante. Il est alors très difficile pour le dormeur ou celui qui souhaite dormir de faire le vide dans sa tête. Cela pourra être des choses graves, comme des difficultés professionnelles ou des problèmes de santé chez un membre de la famille, mais cela pourra aussi être des choses beaucoup plus banales voire agréables, comme le simple fait de partir en vacances le lendemain matin. Le dormeur doit alors trouver des moyens de distraire son esprit de ses préoccupations voire de ses ruminations anxieuses. La télévision, la lecture, la musique ou la relaxation sont des moyens variés pour arriver à cette détente psychique nécessaire à l'installation du sommeil.

 

Dr Jean-Luc SCHAFF
Clinique du sommeil et de la vigilance
Service de Neurologie - CHU Nancy

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