Aborder la notion de motivation n'a jamais été chose aisée, et c'est un moindre mal. Comment aborder une thématique aussi vaste ? Comment même la qualifier ? Comment en assimiler la composante subjective ? Comment l’engendrer chez soi-même ou chez l’autre ?
Le point de vue général de la philosophie antique considère que la recherche du bonheur est l'exigence impérative à la base de la motivation, les autres attentes n'en étant que des objectifs partiels et isolément insuffisants.
Sur ce principe, la motivation est considérée comme un objectif, un besoin, propre à chacun et s'illustrant différemment en fonction des attentes individuelles (collectives ?). Dans la droite lignée de la motivation telle que la dessine Maslow et sa célèbre pyramide. Nous voilà donc rassurés... Point de difficultés majeures donc, il suffirait de connaître les besoins fondamentaux, les préalables au bonheur en quelque sorte, pour assurer la motivation nécessaire. Mais alors comment expliquer les difficultés de l'entreprise à construire une organisation source de motivation ?
Une possible explication de ces relatifs insuccès est l'amalgame souvent fait entre conditions de travail, au sens large du terme, et motivation. Un amalgame entre les facteurs extrinsèques (rémunération, horaires...) et les facteurs intrinsèques (accomplissement de soi...), comme les a décrit Hertzgerg. Sans trop s'engager sur cette pente glissante, il apparaît qu'en cherchant à répondre à des besoins que l'on pourrait qualifier de « pauvres » (rémunération, horaires...) en opposition aux besoins plus profonds (estime de soi, réalisation...), nous n'engendrons « que » satisfaction.
Satisfaction nécessaire certes, mais qui ne saurait se confondre avec la motivation (comme le décrit Claude Levy Leboyer) dans le sens où la satisfaction ne saurait engendrer l'énergie suffisante pour déterminer des actes à long terme. En somme, primes et horaires à la carte ne seraient pas la source de motivation que l'on nous promet.
Pour autant, il est nécessaire et utile de se préoccuper de ces facteurs puisque l'insatisfaction est source de tension et ses conséquences en termes de productivité certaines. On imagine bien que l'on travaille plus efficacement dans une structure qui offre les conditions optimales à l'accomplissement de son travail, à une époque, qui plus est, où la nécessité d'attirer et de fidéliser n'est plus à prouver. Bref ,si l'insatisfaction n'est pas une condition à la motivation, elle reste une préoccupation majeure.
Mais si ce ne sont pas ces facteurs qui agissent directement sur la motivation, quels sont-ils ?