Un réseau est presque l'antithèse de la pyramide hiérarchique. Travailler en réseau : indispensable demain ! Mais comment travailler en réseau ? Qui a le(s) pouvoir(s) ? Qui fait autorité ? Comment allier efficacité immédiate et convergence/cohérence des décisions ? Qui décide quoi, en somme, au sein d'un réseau ? Comment fonctionner efficacement hors référence hiérarchique ? C'est là tout le défi des organisations de demain.
La clé du paradoxe se cache évidemment à la base du processus entrepreneurial, loin de toutes ces superstructures idéologiques et artificielles qui masquent la réalité du terrain.
Premier constat : le milieu entrepreneurial devient de plus en plus turbulent, incertain, imprévisible.
Deuxième constat : le métier de manager devient de plus en plus un métier pointu de coordination de réseaux (d'hommes, d'entreprises, d'entités).
Troisième constat : la complexité ambiante croît exponentiellement et interdit toute prétention à l'omniscience et à l'omnipotence.
Quatrième constat : la régulation des entreprises devra de plus en plus passer par la confiance (qui n'est ni aveuglement, ni bêtise) et de moins en moins par le contrôle (trop lourd, trop cher, trop exaspérant).
Cinquième constat : face aux millions d'incertitudes extérieures, la seule réponse fiable est la certitude intérieure : celle d'avoir un projet de vie auquel on peut croire et qui mérite l'engagement et la mobilisation de toutes les énergies.
Sixième constat : le décideur unique d'antan sera remplacé par une constellation de décisions, chacune prise par ceux ou celles qui font autorité en la matière et qui, donc, sont reconnus pour cela : la compétence primera sur le grade. C'est la logique anti-hiérarchique et "commando" : quand il s'agit de faire péter la casemate, il vaut mieux faire confiance à l'artificier ...
Septième constat : la matière grise, celle de l'expertise et de la créativité, devient de plus en plus la matière première stratégique de nos entreprises, ce qui implique d'entrer dans une logique de gestion des talents au-delà de la gestion des actifs matériels.
Conséquence : peu importe la théorie, ce qui compte c'est que l'entreprise fonctionne en cohésion dans l'espace (esprit de corps, complicité, fraternité de combat, connivence, camaraderie, appelez cela comme il vous plait) et cohérence dans le temps (sens de la finalité et du projet communs, engagement de tous à contribuer, mobilisation des énergies mentales pour la création de valeur(s), principe de frugalité et chasse à tous les gaspillages et tous les parasitismes).