Hiérarchie et réseau

Hiérarchie et réseauUn réseau est presque l'antithèse de la pyramide hiérarchique. Travailler en réseau : indispensable demain ! Mais comment travailler en réseau ? Qui a le(s) pouvoir(s) ? Qui fait autorité ? Comment allier efficacité immédiate et convergence/cohérence des décisions ? Qui décide quoi, en somme, au sein d'un réseau ? Comment fonctionner efficacement hors référence hiérarchique ? C'est là tout le défi des organisations de demain.

Détenir un pouvoir ou faire autorité : institution ou individu ?

On l'a compris, le pouvoir n'est plus là où l'on croyait traditionnellement le trouver. L'institution et l'expertise divergent.
La carte de visite (la fonction, le grade) ne signifie plus rien d'autre, s'il n'évolue radicalement, qu'un titre conventionnel et institutionnel, sans beaucoup de pouvoir réel autre que de contrôle et de sanction/récompense.
Le vrai pouvoir de décision se trouve dans les mains de ceux qui sont reconnus comme expert, de ceux, donc, qui font autorité sans nécessairement détenir le pouvoir.
Puisque tout - chaque problématique, chaque domaine, chaque décision - devient de plus en plus complexe, puisque tout relève d'une expertise de plus en plus pointue, le métier du manager lui aussi s'en trouve totalement bouleversé.

Faire autorité ou détenir le pouvoir ?
Un "expert" fait autorité ; un "patron" détient le pouvoir.
Qui décide ? Qui est responsable des décisions?
Car prendre la décision formelle est une chose, en assumer la responsabilité en est une autre.
Curieux paradoxe de nos temps de juridisme aussi effréné que stérile : les décideurs veulent de plus en plus affirmer leur pouvoir de plus en plus vide, mais intentent de plus en plus de procès à ceux qui les ont "aidé" à prendre leur décision.
Obligation de moyen ou de résultat pour l'expert ? Et pour le patron ?
Qui assume quoi ? Qui doit assumer quoi ?

Les législations définissent les pouvoirs et responsabilités des dirigeants selon des clés de délégations successives qui, si elles sont suffisamment simples (simplistes) pour être codifiées et donc jugées, ne correspondent en rien à la réalité objective des processus réels de décisions et de responsabilisations. Le droit, comme toujours, n'est que construction artificielle dénuée de tout contact avec le réel : le droit n'est qu'idéologique.

Force donc est de trouver ailleurs la clé de notre paradoxe : faire autorité ou détenir le pouvoir ? Institution structurée ou individu reconnu ?

Marc Halévy
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